Samedi 19 juillet 2003
Appel pressant au gouvernement belge et aux
Organisations de défense des droits humains
L’Observatoire mauritanien des droits de l’Homme a appris qu’un opposant
politique Mauritanien et deux journalistes pourchassés par le pouvoir
mauritanien sont arrivés à l’Aéroport de Bruxelles ce matin 19 juillet
2003 en demandeur d’asile au Royaume de Belgique.
Les concernés sont :
• M. Jemil Ould Mansour, membre du Comité permanent du parti politique
mauritanien Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) et maire du plus
important district de la capitale Nouakchott. Il avait été arrêté le 4 mai
derniers par le pouvoir mauritanien qui l’a ensuite suspendu de ses
fonctions de maire. Il était ensuite sorti de prison et du pays durant le
désordre qu’a connu la Mauritanie pendant la tentative de coup d’Etat du 8
et 9 juin 2003.
• Mohamed Mahmoud Ould Mohamed (Ould Seyyidi), président du Conseil
d’Administration de l'hebdomadaire mauritanien indépendant Rayah, dont le
pouvoir avait interdit l’hebdomadaire le 1e juin dernier. Un mandat
d’arrêt avait ensuite été lancé contre Mohamed Mahmoud Ould Mohamed, qui
l’a obligé à se cacher le temps de se réfugier au Sénégal.
• Ahmedou Ould Mohamedou, rédacteur en chef de l'hebdomadaire interdit
Rayah. Il avait subi des persécutions avant d’être pourchassé pendant un
mois après l’interdiction de l’hebdomadaire. Il avait rejoint le Sénégal
après plusieurs semaines de cavale. Le pouvoir mauritanien est furieux
contre Ahmedou à cause de son intervention à travers la chaîne Aljazeera
pendant la tentative de coup d’Etat dans laquelle il décrit la maîtrise
par les putschistes des principaux services publics vitaux de la capitale
Nouakchott.
Plusieurs organisations internationales et régionales de défense des
droits de l’Homme avaient publié des communiqués expliquant les dangers
que courent les opposants Mauritaniens pour leur vie et leur liberté. L’un
des derniers de ces communiqués est l’appel adressé par Amnesty
International au Président Sénégalais Abdoulaye Wade le 4 juillet dernier
pour lui demander de ne pas extrader ces opposants au pouvoir mauritanien.
L’extradition signifierait une condamnation à mort ou à la torture dans un
pays dont les autorités ne respectent pas les chartes internationales des
droits de l’Homme et dans lequel la justice ne bénéficie d’aucune
indépendance par rapport au pouvoir exécutif.
Nous, à l’Observatoire mauritanien des droits de l’Homme, prions le
gouvernement belge d’assumer ses responsabilités morales et humanitaires
vis-à-vis de ces opposants politiques, de leur assurer la protection
juridique suivant les accords de Genève et les chartes européennes des
droits de l’Homme. Nous prions de même les organisations belges,
européennes et internationales de défense des droits de l’Homme et de la
liberté d’expression de les appuyer dans leurs démarches pour trouver un
endroit sûr où ils pourront vivre dignes et libres et continuer leur lutte
pour la justice et la démocratie.
Observatoire mauritanien des droits de l’Homme (OMDH)
Samedi 19 juillet 2003
http://www.almarsad.org
Pour plus d’informations vous pouvez contacter :
Le Président de l’Observatoire : Mohamed Ould El-Moctar Shinqiti,
Téléphone : 0018067863419
Le Secrétaire Général de l’Observatoire : Mohamed Aly Ould Louly,
Téléphone : 0033660380721