Une institution de droits civils pour la défense des opprimés et prisonniers de conscience qui fournit des informations vérifiées sur les Droits de l'Homme en Mauritanie
 


 

 

Lettre ouverte des épouses des détenus d'opinion

A son excellence Monsieur le Président de la République A Messieurs les Présidents des chambres du parlement de la cour suprême et aux élus,

MESSIEURS,
Une certaine idée de la République nous pousse a nous adresser aux premiers concernés par le respect du Droit, notamment les droits de l’Homme dans ce pays surtout son intégrité physique et morale.

Nos ultimes convictions sont, au demeurant, attachées au Droit dont le respect peut garantir autant le développement économique et social que la cohésion sociale, c’est à dire la PAIX PUBLIQUE.

En revanche le non respect du Droit, à travers les multiples expériences dans le monde, entraîne forcement d’une part, la méfiance des investisseurs nationaux et étrangers, qui exigent un Etat de droit, et d’autre part, renforce la menace de l’instabilité sociale, ouvrant la voie à la justice privée  que nous espérons pouvoir dépasser par la démocratie et les nouvelles
donnes internationales.

En fait, comme vous auriez dû l’apprendre, du moins par médias étrangers, il s’agit de l’arrestation arbitraire de nos époux et pères dont les noms suivent :

1. Mr Cheikh Mohamed El Hacen Ould DEDDEW arrête le 05-5-2003 à MINUIT passé à Nouadhibou;
2. Mr Mohamed Jemil Ould MANSOUR arrêté au siège du parti RFD le 04-5-2003 à 18H;
3. Mr Mohamed Ould DOUA arrêté à son domicile et devant ses enfants; le 05-5-2003 à 22H38 mn ;
4. Mr Mohamed Lemine Ould ISMAIL arrêté le 06-5-2003 à 0h30 et lorsqu’il a demandé c’est le pistolet qu’on lui a exhibé geste qu’un voleur aurait pu faire ;
5. Mr Mohamed Lemine Ould EL MOUSTAPHA arrêté à son domicile le 06-5-2003 à 23H passé;
6. Mr Sidne Ould RADHI arrêté à son domicile le 5-5-2003 à 22H45;
7. Mr Sid Amar Ould CHEIHKNE arrêté à son domicile le 06-5-2003 à 0H15;
8. Mr Khaled Ould ISSELMOU arrêté en se rendant aux chevets de son père le 05-5-2003 à 03H du matin;
9. Mr Ahmed Ould AHMED TALEB arrêté le 07-5-2003 à 07H;
10. Mr Taleb Khyar arrêté pendant son cour à l’UNIVERSITÉ SAOUDIENNE bénéficiant en principe de l’umminite diplomatique le 18-5-2003;
11. Mr Mohamed Ould EBEWAH arrêté le 18-5-2003;
12. Ishaq Ould El Keihel arrêté de son bureau le 19-5-2003 a 9H30
13. Ahmedou BAMBA arrêté de son bureau le 19-5-2003
14. Ahmed Bezeid ould LEMHABE arrêté de son bureau le 19-5-2003
15. Houssein arrêté le 19-5-2003 de son bureau
16. Habib Ould HMDEIT arrêté de son bureau à 9H 45mn le 19-5-2003
17. Mohamed El hafed Ould GAH arrêté de son domicile à 13H
18. El mamy Ould Mohamed nouh arrêté le 20-5-2003 à 13H
19. Mohamed Lemine Ould BEYBE, arrêté de son domicile le 19-5-2003 à
22H30 mn
20. Taqi Ould MOHAMED ABDALLAHI, PRÉSIDENT DU TRIBUNAL DE TOUJOUNINE arrêté le 21-5-2003 de son bureau
21. Mohamed Sidiya Ould SID’EL ELMOCTAR arrêté 21-5-2003
22. Lemrabott Ould MOHAMED LEMINE, PRÉSIDENT DE CHAMBRE AU TRIBUNAL DE KAEDI, arrêté de son bureau le 21-5-2003 ;
23. Ahmedou Ould RADHY arrêté le 21-5-2003;
24. Teyib Ould yargueyt arrêté le 19-5-2003  ;
25. Abdallahi SARR arrêté de son bureau le 19-05-2003 à 9h30
26. Moctar Ould Ahmed Moussa arrêté le 19-05-2003
27. Moustahpa Ould AHMEDOU
28. Jiddeine Ould JIDDEINE

Nous attirons votre attention sur le fait que ces arrestations ont été effectuées en violation des différentes conventions internationales ratifiées par notre pays en particulier la déclaration universelle des droits de l’Homme, la convention internationale sur la torture, de notre constitution, de notre code de procédure pénale, et suivant des méthodes qui rappellent à l’esprit celles de la Gestapo, de la S.S et du MOSSAD en Palestine.

Ces arrestations ont été effectuées sans mandat du procureur et de manière provocatrice et humiliante, renforçant l’idée qu’il s’agit plutôt d’enlèvements, d’autant plus que nous ignorons l’endroit de leur détention et que leurs médecins et avocats sont incapables de leur fournir leur assistance pourtant garantie par tous les textes.

Par ailleurs nous constatons qu’au nom du secret de l’instruction de graves violations mettant en péril l’intégrité physique et morale des détenus ont été commises en dépit des dispositions des textes précités.

-En effet, dans son préambule, la constitution garantit tous les droits et libertés fondamentaux et, dans son corps, les articles 10 et 13 sont plus explicites dans la mesure où le premier cite les droits et le second dispose que tout individu demeure innocent tant qu’il n’a pas été condamné par un tribunal légalement constitué.

-Ce dernier principe se trouve, de surcroît, renforcé par l’article 91 de la constitution qui fait obligation au pouvoir judiciaire de faire échec à toutes les tentatives d’arrestations arbitraires qui sont au demeurant explicitement prohibées par les articles 3, 9 et 12 de la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Nous sommes sûres que vous avez, comme nous, des difficultés à trouver des explications logiques, pourtant nécessaires pour le crédit de notre Etat de Droit, aux séries des violations des droits et libertés des citoyens qui vont de l’arrestation arbitraire et sans mandat à la garde à vue de quelques semaines, alors que celle ci ne peut excéder quatre jours.

-D’autres sources d’inquiétudes sont alimentées par les rumeurs persistantes que les détenus subissent des tortures conformément aux vieux usages de  la Maison, en violation de l’article 5 de la déclaration universelle des droits de l’Homme et des articles 1 et 2 de la convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Messieurs,

Nous nous sommes adressées au préalable au procureur de la République, à la suite de sa déclaration dans la presse, et aux directeurs de la sûreté régionale et nationale. Mais hélas, la seule réponse, à part les menaces et expulsions, que nous reconnaissons vraie dans les apparences, est celle fournie par le directeur régional de la sûreté lors qu’il nous a dit, que la police, comme d’autres, ignore totalement le droit. Nous interpellons, en conséquence, ceux qui connaissent le Droit, ceux qui le font et ceux qui ont la charge de le faire respecter de prendre leurs responsabilités.
Nous prions, en outre, particulièrement son excellence Monsieur le Président de la République d’user de l’ensemble de ses pouvoirs; raison de son investiture; afin de faire respecter les droits de l’Homme en Mauritanie et de faire régner la paix sociale par le respect de l’intégrité physique et morale des citoyens, ET DONC DE LIBERER ET DE RÉHABILITER IMMÉDIATEMENT LES DÉTENUS ET DE SANCTIONNER LES RESPONSABLES DE CES GRAVES ATTEINTES AUX DROITS FONDAMENTAUX ET LIBERTÉS DU CITOYEN.

Nous prions aussi l’ensemble des hommes épris de Droit, de Justice et de Liberté d’user de tous les moyens efficaces et légitimes afin que le Droit reprenne sa place dans la Cité et que les détenus recouvrent la totalité de leurs droits et libertés.

Pour le collectif des femmes des détenus
MME
1. OUMOULMOUMINIE MINT AHMED SALEM
2. Zeinebou mint TALEB NAFE
3. Khadijettou mint DAHMANE
4. Maadelha mint MOHAMED LEMINE
5. Oumoulmouminine mint BABE
6. Khadijetou mint MOHAMED LEMINE
7. Moumnty mint LEMRABOTT
8. El moumne mint OUMAR
9. Oumoulkhayratt

Fait à Nouakchott le 26 mai 2003

 

     
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